Suite à la suspension du parti La Racine décidée le 17 avril dernier par la Dynamique pour la majorité du peuple (DMP), de toutes ses fonctions et de toutes ses activités, M. OUTCHA Sylvanus Soké, président du parti « LA RACINE » annonce son retrait définitif de ce mouvement. Raison évoquée : des pratiques jugées contraires aux principes d’éthique, de cohésion et de non-violence politique prônés par son parti. Avec véhémence, il dénonce également une gestion « copinale », des détournements d’acquis collectifs à des fins personnelles, ainsi qu’un manque de transparence et de solidarité. C‘était à travers une déclaration rendue publique, au cours d’une rencontre avec la presse tenue le mardi 28 avril 2026.
Dans le communiqué de la DMP, la suspension du parti « LA RACINE » est justifiée par la participation personnelle de son président aux travaux du Cadre Permanent de Concertation (CPC) et ce, au mépris de la décision souveraine de la Conférence des Présidents des partis membres de mettre fin à la participation à ladite instance par les partis membres, invités individuellement.
Selon le président du parti « LA RACINE », ce fameux communiqué n’a qu’un seul objectif : « ternir l’image de notre cher parti LA RACINE et le nom personnel de son Président National Sylvanus Soké OUTCHA que je suis. Ce processus populiste que nous venons de vivre ne nous fait ni chaud ni froid car nous avons la conviction que nous sommes au contraire sur la bonne voie, celle d’une politique de la non-violence dans notre pays. »
Selon la déclaration qui se demande ; « Qui trompe qui ? », le parti indique que « Cette personne qui ne vit que par le populisme à la DMP devrait depuis d’elle-même quitter cette Assemblée Nationale avant d’aboyer contre la participation du parti LA RACINE à un cadre de concertation politique permanent. Si dans ce cadre, tous les leaders politiques y étaient, on pouvait valablement mieux s’imposer que dans une Assemblée où on est solitairement isolé sous le règne de la 5ème République. C’est donc l’amour personnel que nous décrions qui peut motiver quelqu’un à protéger ses intérêts personnels jusqu’à ce niveau. Alors, s’il est mauvais de participer au CPC, il est d’autant plus diabolique de participer à l’Assemblée Nationale où nous y sommes impuissants sans pouvoir faire passer la moindre loi au nom du peuple ».
Concernant les rapports du parti La Racine au sein de la DMP, la déclaration précise : « à sa création, LA RACINE s’est donnée pour ligne politique l’instauration et la consolidation de l’AMOUR PATRIOTIQUE au Togo. Comme tel, nous ne cessons de prôner la non-violence politique, la paix sociale, la justice, l’égalité et l’équité pour tous. Nous disons absolument non à toute politique de chaise vide ou de boycott laissant grandement et complicitement un boulevard libre au régime en place pour ses manœuvres anti républicaines. Nous avons aussi toujours exigé du régime soixantenaire la libération de tous les prisonniers, l’amnistie et le retour au bercail des exilés politiques, la bonne gouvernance de nos ressources et richesses pour ne citer que ceux-là. Mais il faut l’avouer que certaines personnes au sein de la DMP n’aiment pas du tout entendre parler du concept de l’amour patriotique qui constitue le cheval de bataille de notre parti. Ce que nous ne tolérons pas aussi car, le peuple togolais est longtemps décimé par la déchirure du tissus social entre les détenteurs des armes face à une population désarmée, faible, languissante, appauvrie et abandonnée à elle-même, fatiguée de toujours compter dans ses rangs des victimes c’est-à-dire des morts, des prisonniers et exilés politiques sans aucun changement depuis des décennies, Ainsi pour nous, il nous faut bien des réformes dans la lutte que nous menons et parmi ces réformes, au nom de l’amour patriotique, nous devons absolument cesser avec les esprits de vengeance, de rapports de forces déséquilibrées, de haine, la politique populiste, de la duperie politique, de l’hypocrisies politiques de toute sorte et de nous regarder en chiens de défaillance. Nous avons longtemps mis nos égos au-devant, en refusant de nous entendre afin de nous mettre ensemble pour la libération nationale tant espérée. Nous devons désormais nous inspirer du savoir-faire politicien des grands hommes de l’histoire comme GANDI, Nelson Mandela, Martin Luther King pour ne citer que ceux-là, qui n’ont pu sauver leurs peuples meurtris que par la sage politique de la Non-Violence. Apprenons de l’histoire pour bâtir un Togo nouveau, prospère, radieux, paisible et vivable pour tous. C’est la ligne politique de notre cher parti, et qui peut nous en empêcher ou le refuser ? Que cela soit le régime en place qui ignore encore que le Togo n’est pas une propriété privée mais au contraire, un patrimoine à nous tous, ou l’opposition classique qui a toujours promis fallacieusement et démagogiquement un tsunami jamais réalisé à la pauvre population que nous sommes. Il est bien temps d’abandonner certaines pratiques politiques classiques et archaïquement égoïstes afin de mener une politique salvatrice du peuple ».
Annonçant son retrait de la DMP, le parti affirme en conclusion, que sa ligne politique ne « permet en aucun cas l’usage de l’amour personnel au détriment de l’amour patriotique, refusant absolument de devenir un Vallet d’une quelconque entité, refusant de subir les dictats égoïstes et populistes de ladite entité afin de ne pas parvenir à correctement et dignement servir notre cher pays le Togo, annonce aujourd’hui définitivement ne plus appartenir à la coalition DMP dont nous sommes tous membres fondateurs. Toutefois, nous demeurons entièrement mobilisés et disponibles pour toute autre libératrice, sincère et crédible lutte en coalition ».
Commentaires
Au Togo, les coalitions des partis d’opposition et d’organisations de la société civile se créent avec des objectifs légitimes clairement affichés. Mais pour des raisons que personne ne maîtrise, ces entités qui, pourtant, jouissent d’un soutien inébranlable d’une population togolaise, majoritairement et résolument engagée dans la lutte pour un changement démocratique, volent aux éclats à la moindre incartade. C’est le cas des Collectifs, Sauvons le Togo (CST), une coalition de la société civile et de partis politiques, officiellement constitué le 4 avril 2012, pour exiger des réformes démocratiques et s'opposer à la politique du pouvoir en place, s'appuyant sur des manifestations de rue, Le Front Républicain pour l’Alternance et le Changement (FRAC) au Togo, créé début février 2010, pour soutenir la candidature de Jean-Pierre Fabre à l'élection présidentielle du 4 mars 2010, regroupant notamment l'Union des Forces de Changement (UFC) et d'autres acteurs de l'opposition et de la Coalition des 14 partis de l'opposition togolaise (C14), créée en 2017 au Togo pour exiger des réformes constitutionnelles et institutionnelles, ainsi que l'alternance politique, pour ne citer que celles-là.
Aujourd’hui, de toutes ces coalitions qui, en leur temps, avaient fait rêver les Togolais, on ne parle qu’au passé. Sous l’effet des antagonismes sur fond de conflits de leadership et autres, elles sont toutes disloquées sans toutefois parvenir à atteindre, ne serait-ce que le quart des objectifs, poursuivis. Après le parti Le Nid de Gabriel Dosseh Anyron, c’est La Racine de Sylvanus Soké OUTCHA qui claque la porte de la DMP. Un cas avéré de l’engoncement sans recours de l’opposition togolaise dans les méandres de la division. Jusqu’à quand ?
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