Attitude de réserve et abstention de toute déclaration sur le climat politique national. C’est, entre autres, la décision ayant sanctionné les travaux de la session ordinaire de l’épiscopat togolais du 16 au 19 juin dernier. Ce virage ne manque pas de susciter des interrogations au sein des populations.
Cette
obligation de réserve que s’impose désormais le clergé togolais vis-à-vis de
l’actualité politique du Togo, aurait été décidée de façon délibérée si on en
croit les termes d’un communiqué rendu public à la suite des travaux. Au sein
de l’opinion, où la décision ne suscite aucun enthousiasme, l’on s’interroge
sur ce qui a pu amener l’épiscopat togolais à décider, de façon délibérée, ce
virage de 180°.
Figurait
également à l’ordre du jour de la session, la rigueur des
célébrations chrétiennes à travers le pays. Sur le sujet, il a été rappelé aux
prêtres l’obligation de se conformer aux directives liturgiques officielles en
vigueur au sein de l’Église catholique. Le communiqué final insiste sur le
respect strict des prescriptions du missel romain, proscrivant les
improvisations personnelles lors des messes. Cette mise au point vise à
préserver l’unité et la solennité des sacrements au sein des différentes
paroisses du territoire.
Cette réunion a offert aux participants, l’occasion de
planifier la célébration du centenaire de la Journée missionnaire mondiale, qui
se déroulera cette année. Instaurée à l’époque par le pape Pie XI, cette
commémoration internationale est observée chaque avant-dernier dimanche du mois
d’octobre. Elle sert à mobiliser les croyants autour de la diffusion de
l’Évangile et à récolter des soutiens pour les œuvres caritatives et
d’évangélisation portées par l’institution.
Ces
dernières années, l’intervention de l’épiscopat togolais dans le débat
politique a été considérable et chaudement applaudie. A travers des communiqués
rendus publics à la suite de leurs sessions, il fustigeait avec véhémence les
injustices sociales, les inégalités en matière de répartition des ressources
nationales, les violations des droits de l’homme, des textes constitutionnels scélérats
et autres pratiques, sans commune mesure avec les principes démocratiques,
constamment reprochés au pouvoir en place par les populations. Ce qui rassurait
les Togolais sur le bien-fondé de la lutte pour le changement démocratique.
Aujourd’hui
avec cette option, prise par la réunion épiscopale du 19 juin 2026, les
Togolais se sentent laissés à leur triste sort. Qu’est-ce qui a pu amener
l’épiscopat à abdiquer face au pouvoir ? C’est l’une des questions qui
brûlent les lèvres depuis l’annonce de cette décision.
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