Au cours d’une rencontre tenue à Kpalimé les 23 et 24 juin, la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), avec l’appui de magistrats et de géomètres, a outillé les chefs traditionnels de la région des Plateaux en matière de gestion des litiges fonciers. L’événement revêt tout son sens quand on considère que les différends liés à la terre figurent parmi les contentieux les plus fréquents dans les zones rurales.
La prévention des conflits et la recherche de
règlement amiables sont essentiellement les principaux points au cœur des
travaux de cette rencontre placée sous le thème de la coopération entre
autorités traditionnelles et acteurs du foncier face aux évolutions juridiques
et aux réalités coutumières.
La rencontre a permis aux participants d’être éclairés
sur plusieurs aspects du Code foncier et domanial (CFD), notamment les règles
relatives à la médiation coutumière, à la rédaction des procès-verbaux de
conciliation, à la protection des espaces naturels ainsi qu’à l’accès des
femmes à la terre. Les travaux ont également permis de renforcer les liens
entre les différents intervenants du secteur afin de faciliter le traitement
des dossiers à l’échelle locale.
Pour une rencontre s’inscrivant dans le cadre du
programme d’actions 2026 de la Commission nationale des droits de l’homme
(CNDH) et de l’Objectif de développement durable (ODD) 16, qui promeut l’accès
à la justice, le règlement pacifique des différends et le renforcement de la
paix au sein des communautés, rien n’a été laissé au hasard en vue d’une
participation responsable.
Selon le président de la Commission nationale des
droits de l’homme (CNDH), Me Kwao Ohini Sanvee, la question foncière reste une
source récurrente de tensions sociales. L’article 675 du Code foncier et
domanial (CFD), a -t-il indiqué, prévoit une tentative préalable de règlement
amiable auprès d’une autorité traditionnelle compétente avant toute saisine des
juridictions en matière foncière. Il estime que cette disposition traduit la
place accordée par la loi aux autorités coutumières dans la préservation de la
cohésion sociale et la gestion des différends liés à la terre.
Occasion pour le vice-président du Conseil régional
des chefs traditionnels des Plateaux, Togbui Tagbéga Ahossou Tchrakassi Gbéwa
II, chef du canton de Woudou, d’insister sur le rôle incontournable de la
chefferie traditionnelle dans le règlement des litiges fonciers. Affirmant que
la chefferie traditionnelle demeure un acteur de proximité dans le règlement
des désaccords fonciers, l’orateur a invité ses pairs à renforcer leur implication
dans cette mission. Il a plaidé pour davantage de formations consacrées à
l’élaboration des procès-verbaux de conciliation afin de faciliter leur prise
en compte par les juridictions.
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