Telle une trainée de poudre, l’information fait le tour du pays avec sa cohorte de spéculations plus ou moins élogieuses : pour insubordination, le ministre de l’Administration territoriale, le Col Awaté Hodabalo, aurait retiré à Togbui Adjikou Lanklivi 1er, Chef quartier d’Adakpamé Kpota-Colas dans la commune de Golfe 1, son arrêté de reconnaissance officielle. S’agirait-il d’un retrait définitif ou d’une suspension ?
La tête couronnée aurait ainsi fait les frais de sa présence
à, on dirait un mauvais endroit et à un mauvais moment. C’était plus
précisément à la présentation des vœux de Nouvel An au président du Conseil
Faure Gnassingbé, à laquelle seuls quelques chefs traditionnels notamment des
chefs de canton du Grand Lomé triés sur le volet seraient officiellement
conviés.
Des sources proches du dossier rapportent que quoique
le nom de Togbui Lanklivi ne figurait
pas sur la liste restreinte arrêtée pour l’événement, ce dernier serait parvenu
à obtenir une invitation de dernière minute grâce à ses relations à la
préfecture du Golfe. Ce qui aurait suscité de vives interrogations au sein de
l’appareil administratif dont les règles protocolaires auraient été ainsi contournées.
Plus grave, affirment les mêmes sources, durant la
cérémonie, Togbui Lanklivi aurait passé beaucoup plus de temps que prévu aux
côtés du président du Conseil Faure Gnassingbé, en violation des consignes
protocolaires imposant des échanges très brefs, limités à environ une minute
par invité.
Convoqué par la suite par son ministre de tutelle pour
fournir des explications sur les circonstances de sa participation à
l’événement, les arguments fournis par Togbui Lanklivi seraient peu, sinon, pas
du tout convaincants. Ce qui aura amené le ministre à lui faire retirer son
arrêté de reconnaissance en qualité de chef d’Adakpamé Kpota-Colas.
A en croire des
indiscrétions, depuis sa reconnaissance récente comme chef du quartier
d’Adakpamé Kpota-Colas dans des conditions pour le moins, très controversées,
Togbui Lanklivi Adjikou se comporterait comme un souverain indépendant sur un
territoire conquis, foulant au pied, la dignité des habitants de son quartier,
entre autres. Pour lui, la grande règle pour un chef traditionnel pour conserver
sa couronne et son trône serait de faire preuve d’un zèle démesuré envers le
pouvoir en place.
Alors que dans la chefferie traditionnelle et au sein
des habitants de son quartier, sa légitimité en tant que chef de quartier
serait farouchement contestée, Togbui Lanklivi aurait plongé au cœur d’une vive
controverse en menaçant publiquement les jeunes du quartier Adakpamé
d’expulsion de leur quartier s’ils répondaient à l’appel à manifestation lancé
par des activistes de la diaspora togolaise, notamment le mouvement M66.
La question qui se pose dès lors, est de savoir la
portée réelle du retrait de la reconnaissance officielle en question.
S’agirait-il d’une destitution qui consacrerait une fin de course d’un chef de
quartier qui s’illustrerait dans l’arbitraire ou une simple suspension pouvant lui
permettre de méditer sur son sort ?
Affaire à suivre
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