La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a adressé un message intitulé « la nation est en péril ! dressons nos fronts, prenons le plus bel élan » le samedi 20 juin 2026, décrivant la dégradation de la situation socio-politique et sécuritaire du pays. Les évêques se sont opposés au projet de modification de la Constitution en République démocratique du Congo (RDC) entrepris par le pouvoir. De ce fait, les prélats ont appelé la population à protester contre cette tentative de révision constitutionnelle qui risque de basculer le pays dans une guerre civile.
Depuis l’annonce du président de la République démocratique du Congo (RDC) Félix Tshisekedi, le mercredi 6 mai 2026, sur l’intention de modifier la Constitution en vigueur qui contient des manquements et briguer un 3e mandat si le peuple le lui demande, beaucoup de voix dissidentes se sont levées pour contester cette démarche. C’est dans ce sens que la coalition Article 64 a été créée pour faire échec à cette révision.
Dans la foulée, la Conférence épiscopale nationale de
la République démocratique du Congo (CENCO) vient de soutenir cette coalition
qui est vent debout contre cette modification.
Dans une déclaration, les évêques ont déclaré sans langue de bois que ce projet de révision viole les dispositions de la constitution actuelle qui limite le nombre de mandat à deux. Selon eux, l’objectif principal est de permettre au président Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat.
Appel
au parti au pouvoir à l’abandon du projet
La CENCO appelle le régime à faire preuve de retenu
dans cette circonstance où la situation socio-politique laisse à désirer. « Nous pensons quant à nous que tout passage
en force comporte dans cette direction des risques énormes dont la
balkanisation du pays. Dans un contexte où les rivalités politiques revêtent
des connotations ethniques et tribales, le déclenchement d’une guerre civile
est à redouter », a -t-elle exprimé.
Les prélats ont insisté sur la dégradation de la situation
sécuritaire qui prévaut dans l’Est du pays évoquant la prolifération des
groupes armés, les massacres de civils et le drame humanitaire des populations.
« Le pays va mal, mettons-nous debout, dressons
nos fronts encore courbés. Il est impérieux de nous impliquer nous –mêmes, de
prendre notre destin en main, sinon, notre avenir sera hypothéqué pour longtemps
», lit-on dans le communiqué.
Pour eux, après moult réflexions, la révision de la
constitution n’est pas la priorité de l’heure pour les Congolais. Ce qui est
essentiel pour les citoyens, c’est la cohésion sociale et la paix. « Après un profond discernement, nous ne
voyons ni la nécessité, ni l’urgence, ni l’opportunité du changement de la
constitution. La priorité aujourd’hui en RDC c’est la paix, le bien -être
social du peuple congolais, l’unité et la cohésion sociale » ont
relaté les religieux.
In fine, la CENCO a aussi exhorté le président Félix
Tshisekedi à honorer son serment de respecter et de défendre la Constitution.
L’indignation
du camp présidentiel sur la position du CENCO
En revanche, la coalition Union Sacrée de la Nation a
battu en brèche la déclaration des évêques catholiques. Dans un communiqué
publié le 23 juin 2026, la coalition au pouvoir a qualifié le message du CENCO
d'« acte de subversion dirigé contre les
institutions légitimes et démocratiquement établies ». En outre, elle l’accuse
de s’éloigner de son rôle traditionnel d’acte moral. Toutefois, la coalition a
rappelé que la RDC est un État laïc et que l'Église ne peut pas se substituer
aux institutions de la République ni au peuple.
L'Union Sacrée a souligné que le peuple seul peut
décider du changement de la constitution par un référendum. Elle a réitéré son
soutien sans faille au président de la République en vue du changement de la
Constitution.
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