Le garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, a suspendu M. Algassimou Diallo, l’avocat général près la Cour suprême de la République de Guinée de ses fonctions puis révoqué par le conseil de discipline du Conseil supérieur de la magistrature. Cette décision est motivée par un manquement à ses obligations statutaires attachées à son statut de magistrat.
Le ministre en charge de la Justice, Ibrahima Sory II
Tounkara, a signé le 18 août 2026, un arrêté portant suspension du magistrat
Algassimou Diallo. Deux jours après cette décision, le conseil de discipline du
Conseil supérieur de la magistrature l’a radié.
L’arrêté a indiqué que cette suspension sera suivie de la saisine du Conseil supérieur de la Magistrature, aux fins d’action disciplinaire, conformément au statut des Magistrats
L'avocat général près la Cour suprême, Algassimou Diallo avait été nommé le 29 décembre 2021, procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Dixinn. Il était connu par le grand public lors du procès du massacre du 28 septembre 2009.
M. Ibrahima Sory II Tounkara, avait été président du
Tribunal de première instance de Dixinn. Ce dernier avait dirigé les débats au
cours de ce procès, avant d’être nommé président de la Cour d’appel de Conakry
puis ministre de la Justice.
Le magistrat, Algassimou Diallo était également promu
procureur général près la Cour d’appel de Kankan par décret présidentiel du 1er
novembre 2025, avant sa nomination comme avocat général près la Cour suprême.
Selon le document, la mesure prend effet à compter de
la date de signature de l’arrêté, sera enregistrée et publiée au Journal
officiel de la République.
D’après visionguinee.info, le ministre de la Justice
et des droits de l’homme, Ibrahima Sory II Tounkara, a laissé entendre qu’il
était avisé des faits reprochés au magistrat, en les qualifiant de
transgression des règles des magistrats. « Dès que j’ai été informé de cette situation, de ces faits que j’ai
estimés pas trop catholiques, des faits normalement qui ne devaient pas être
commis par un magistrat, des faits qui sortent carrément du cadre des pratiques
de magistrat, j’ai jugé nécessaire de le suspendre ». Tout en se
référant à la loi L/054 du 17 mai 2013 relative au statut des magistrats, il a
ajouté que « L’article 38 de la loi
précitée me permet, en tant que garde des sceaux, de le faire. Ce n’est pas
parce que c’est M. Algassimou, c’est n’importe quel magistrat. N’importe quel
magistrat se prêterait à telles pratiques sera suspendu »
Cependant, il a estimé que « La suspension est provisoire, conformément à l’article 38 de cette loi.
Le garde des sceaux n’a pas besoin d’attendre la décision du conseil de
discipline du Conseil supérieur de la magistrature pour sanctionner ou pour
suspendre un magistrat ». Selon lui, le conseil de discipline de la Conseil
supérieur de la magistrature a tranché après sa saisine. « C’est une mesure conservatoire qu’il peut
bien prendre et saisir le conseil de discipline du Conseil supérieur de la
magistrature qui est présidé par le premier président de la Cour suprême ou le
procureur général près ladite cour. Donc c’est ce que j’ai fait », a –t-il
poursuivi.
Au terme de la procédure, le conseil de discipline du
Conseil supérieur de la magistrature a prononcé la révocation d’Algassimou
Diallo de ses fonctions. Le ministre de la justice a corroboré qu’il a perdu
définitivement la qualité de magistrat. « Conformément aux articles 20, 35 et 36 de la loi organique
L/054/CNT/2013 du 17 mai 2013 portant statut des magistrats, M. Algassimou
Diallo vient d’être révoqué par le conseil de discipline du Conseil supérieur
de la magistrature. Ça veut dire qu’à partir de l’instant, il n’est plus
magistrat », a déclaré Ibrahima Sory II Tounkara.
Suite à la procédure disciplinaire retenue contre
Algassimou Diallo, il n’exercera plus la fonction de magistrat.
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