Le président Félix-Antoine Tshisekedi a annoncé jeudi 27 août 2026, le lancement d’un dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’Etat après la consultation des forces vives de la nation, excluant le groupe armé M23. Une initiative censée décrisper le climat politique et préserver l’ordre constitutionnel dans le pays.
Dans un message adressé à la Nation, le président
Félix Tshisekedi a détaillé les modalités du dialogue tout en le présentant
comme un cadre qui regroupera les institutions de la République, les forces
politiques et sociales, les confessions religieuses autour des enjeux majeurs
dans le pays notamment, la crise sécuritaire dans l’Est, les divergences politiques
et les problèmes socio-économiques.
Il nous souvient que mi-juillet, le chef de l’Etat congolais
a annoncé l'organisation d'un dialogue national longtemps réclamé par
l'opposition et une partie de la société civile, sans donner de précisions sur les
modalités. Mais cette fois-ci, il a précisé que le processus va commencer dans
les provinces avant de converger vers Kinshasa avec l’intention de prendre en
compte toutes les préoccupations des populations au niveau local jusqu’à la
capitale.
Exclusion
de M23 du dialogue
Félix Tshisekedi a déclaré sans ambages que le
Mouvement du 23 mars (M23), soutenu par le Rwanda ne participera pas au
dialogue national. « Le processus de
Doha demeure le cadre approprié pour traiter avec le M23, et le dialogue
national ne se substituera pas à ce processus », a –t-il déclaré, tout
en exigeant le retrait des forces étrangères du territoire congolais. Et d’ajouter
qu’: « Une voie de réintégration
au sein de la communauté nationale restera néanmoins ouverte à ceux qui, à
titre individuel, renoncerons de manière sincère et vérifiable à leur
engagement armé et à toute forme de violence et qui condamnerons sans équivoque
l'agression dont notre pays est victime ».
Vers
un compromis
Le chef de l’Etat a laissé entendre qu’il a décidé de convoquer ce dialogue après plusieurs consultations avec les institutions de la République, les partis politiques et les confessions religieuses. C’est dans cette optique que des échanges seront organisés dans toutes les provinces du pays, et les recommandations seront consacrées dans un document qui servira de fondement pour les assises nationales à Kinshasa.
Cette approche permettra de décrisper la tension
politique après l’annonce de la révision constitutionnelle. L'opposition
congolaise réunie au sein de la coalition Article 64 proteste ces derniers mois
contre ce projet de loi porté par la majorité au pouvoir, qu'elle accuse
d'ouvrir la porte à un troisième mandat pour M. Tshisekedi, réélu en 2023. « Le dialogue devra servir exclusivement la
paix, l'unité nationale et l'intérêt supérieur de la République » a
souligné le chef de l’Etat. Il a appelé les responsables politiques à renoncer
à tout discours de haine. Toutefois, il a estimé que diverses mesures seront
prises pour apaiser le climat politique tendu.
Le dialogue sera également une aubaine pour les
différents acteurs de trouver des mécanismes de règlement de la crise
congolaise, notamment les processus diplomatiques engagés à Doha et à
Washington.
La République démocratique du Congo (RDC), est pays
d'Afrique centrale riche en ressources naturelles. Il est en proie depuis 2021
à la résurgence du groupe M23 qui a occupé les grandes villes de Goma et
Bukavu, capitales des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu (est), frontalières
du Rwanda, parmi les plus peuplées du pays et accusé par Kinshasa d’être
soutenu par l'armée rwandaise.
Soyez le premier à commenter !
Partagez votre avis sur cet article.