Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a déclaré lors d’une rencontre avec les médias l’ambition de faire un troisième mandat à la tête du pays si ‘’ le peuple le lui demandait”. Ce nouveau mandat supplémentaire n’interviendrait pas sans la consultation du peuple à travers un référendum. Une annonce critiquée vigoureusement par les opposants, Martin Fayulu, Moïse Kantoumbi entre autres. C’est croire qu’il est piqué par le virus du 3e mandat des présidents africains. Pour empêcher un éventuel 3e mandat de l'actuel président, des concertations se poursuivent pour définir une stratégie commune.
C’était
devant près de 200 journalistes, le mercredi 6 mai 2026 que le président de la
République démocratique du Congo (RDC) Félix Tshisekedi, a fait savoir son intention de
modifier la constitution en vigueur qui contient des manquements et briguer un
3e mandat si le peuple le lui demande.
Suite à cette annonce beaucoup de voix dissidentes se sont levées pour fustiger la révision de la constitution en vue.
Le
coordonnateur de la plateforme politique Lamuka, Martin Fayulu, veut appeler le
peuple pour manifester contre un éventuel 3e mandat de l’actuel
président. « Nous allons mobiliser
le peuple. Le peuple m’entend. Quand je dis que nous allons mobiliser le
peuple, je serai devant le peuple congolais pour barrer la route à M. Félix
Tshisekedi s’il tente un troisième mandat » a-t-il affirmé.
Toujours
dans son intervention, il a souligné qu’à l’époque où l’actuel président était
dans l’opposition, ils étaient opposés farouchement à un 3e mandat
de Kabila. C’est dans cette optique qu’il persiste que Tshisekedi ne fera pas
un autre mandat puisqu’il verra le peuple devant lui. « J’avais dit à Kabila, avec Félix Tshisekedi
à ses côtés, nous nous sommes battus ensemble. Nous avions fixé une ligne
rouge : le troisième mandat. Kabila n’en aura pas. Tshisekedi n’en aura
pas non plus. Parce ce qu’il n’est pas plus fort que le peuple congolais. Après Dieu, c’est le peuple. Et ce peuple a
décidé qu’il n’y aura pas jamais quelqu’un dans ce pays qui fera un troisième
mandat », a ?t?il déclaré.
Pour l’ancien candidat Moïse Katumbi, en exil, aucun président sur la
terre congolaise ne peut faire plus de deux mandats au pouvoir. Il n’a pas
manqué de mentionner une résolution du Congrès américain qui a déjà mis en
garde Kinshasa. « Pas de 3e mandat pour
le président de la République, quel qu’il soit » a- t-il pesté.
Quant à l’ancien député Claudel-André Lubaya également
en exil, désormais proche de Kabila, a souligné que la Constitution « organise exclusivement les modalités de sa
révision, et non celles de sa transgression », énumérant l’article 220 qui
verrouille les mandats, et fait référence aux articles 164 et 165 qui parlent
de la haute trahison.
C’est dans cette dynamique que des partis politiques de
l’opposition notamment Lamuka, l’Alliance pour le changement, et Ensemble pour
la République ont commencé des discussions à Kinshasa et à Bruxelles pour planifier
des actions concrètes et faire barrage à tout projet de changement constitutionnel de l’actuel
président.
Agé de 62 ans, le président Félix Tshisekedi
est au pouvoir depuis 2019 et son 2e mandat de 5 ans arrive au terme
en 2028.
Dans un tout autre registre, le troisième mandat est
devenu une stratégie démocratique et cela évoque un problème d’un long règne au
pouvoir. Tout se passe comme si ces dirigeants sont indispensables et que sans
eux, les pays ne peuvent pas évoluer oubliant qu’il y a une vie après la
présidence.
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