Quelques heures après l’annonce de démission du président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, le calendrier parlementaire s'active. C’est à travers un avis officiel signé par le Premier Vice-Président de l'institution, Dr Ismaila Diallo que les députés de la 15e législature sont convoqués en séance plénière le mardi 26 mai 2026 à 9h 00.
Le président de l’Assemblée nationale
sénégalaise, El Malick Ndiaye, a annoncé sa démission du perchoir le
dimanche 24 mai 2026, sans donner aucune précision sur les raisons de son
départ. « Cette décision procède d’un choix personnel,
guidé avant tout par ma conception des institutions, de la responsabilité
publique et de l’intérêt supérieur de la nation », a -t-il déclaré sur
son compte Facebook. C’est dans ce sens que les députés sont conviés à une
séance plénière pour la « réintégration du député Ousmane Sonko » et l’élection
du successeur de l’ex -président de l’Assemblée nationale.
El Malick Ndiaye, proche de l’ex-premier Sonko, avait
été élu président de la 15e législature du Sénégal au lendemain de la
large victoire du Pastef, avec 130 sièges sur 165 en novembre 2024.
Dans l’opinion, des spéculations se
multiplient déjà sur l’élection du prochain président. D’aucuns disent que la démission
de l’ex- président de l’Assemblée nationale ouvre la voie à M. Sonko,
leader du Pastef, pour être élu à la tête du perchoir puisque que son parti est
majoritaire au parlement. Pour d’autres c’est une bataille
politico-parlementaire qui se pointe à l’horizon.
Pour le spécialiste des questions
parlementaires, Alioune Souaré, Ousmane Sonko est sur le point de perdre son mandat
parlementaire. Il évoque les textes juridiques, tels que l'article 54 de la
Constitution, l'article LO 175 du Code électoral et l'article 132 du Règlement
intérieur de l'Assemblée nationale (RIAN).
Parlant de ces dispositions, il mentionne les termes de l'article 54 de la
Constitution qui stipule que : « La
qualité de membre du gouvernement est incompatible avec le mandat parlementaire
et toute activité professionnelle publique ou privée rémunérée. Les modalités
d'application de cet article sont fixées par une loi organique ». Il continue
en énumérant l'article LO 175 du Code électoral : « Le député qui, lors de son élection, se trouve dans l'un des cas
d'incompatibilité visé par la loi organique portant règlement intérieur de
l'Assemblée nationale, est tenu de se conformer à la procédure prévue à cet
effet. » a –t-il ajouté.
Toujours
selon lui, l'article 132 du RIAN souligne que : « Le député qui, lors de son élection, se trouve dans l'un des cas
d'incompatibilité visé au précédent chapitre, est tenu d’établir dans les huit
(8) jours qui suivent son entrée en fonction, qu'il s'est démis de ses
fonctions incompatibles avec son mandat. »
Par contre, il fait référence à la loi organique 2025-11 du 18 août 2025
portant règlement intérieur de l'Assemblée nationale, entrée en vigueur le 27
août 2025. « Cette loi prévoit en son
article 124 la réintégration des députés nommés au gouvernement dès la
cessation de leurs fonctions ministérielles », a -t-il justifié. Mais reste
ferme sur la précision que : « Celle-ci
ne concerne pas Ousmane Sonko, qui a déposé sa lettre de démission en bonne et
due forme depuis le 2 décembre 2024. »
Pour l’instant, tous les regards sont tournés vers l’hémicycle où la totalité des députés sont derrière le président du Pastef.
Il faut aussi rappeler que cette
situation intervient après le limogeage du premier ministre Sonko et son
gouvernement le vendredi 22 mai 2026 suite à des tensions entre les deux hommes
arrivés au pouvoir en avril 2024 dès le premier tour sous le slogan « Diomaye
Moy Sonko », soit « Diomaye c’est Sonko » en wolof.
Soyez le premier à commenter !
Partagez votre avis sur cet article.